La passion lyonnaise pour le vin ne date pas d’hier. Déjà sous l’Empire romain, l’agglomération (Lugdunum) se gorgeait de vins venus des bords du Rhône et de la Saône, mais aussi, localement, de la Côte-Rôtie ou des premiers coteaux du Beaujolais. Les Canuts, au XIXe siècle, s’approvisionnaient dans les vignobles du nord de la ville, tandis que les ventes de la maison Guigal ou Chapoutier, aujourd’hui emblématiques, se préparaient à forger la réputation mondiale de la vallée du Rhône (source : Inter Rhône).
Pourtant, malgré cette proximité et une identité fortement ancrée dans le terroir, la consommation à Lyon n’a pas toujours plébiscité les productions locales. Pendant longtemps – notamment dans la deuxième moitié du XXe siècle – les vins importés d’autres régions (Bordeaux ou Bourgogne, mais aussi vins du Languedoc) s’invitaient allègrement dans les bouchons, parfois perçus comme plus “prestigieux” ou plus “modernes”. À cette époque, le Beaujolais et certains vins du Rhône, jugés trop rustiques, restaient souvent cantonnés au vin de table.