La clef de l’accord parfait réside dans la compréhension du plat revisité : texture, dominante aromatique, générosité ou légèreté, et bien sûr, la part d’acidité ou de matière en présence.
Quand la revisite ose la légèreté ou le végétal
Un chef réinvente la quenelle façon gnocchi de brochet vapeur, nappée d’une écume aux herbes fraîches et citron confit ? Ici, un Beaujolais-Villages jeune, tout en fruit, aux tanins soyeux, s’imposera. Sa fraîcheur désaltère et appuie la délicatesse du plat sans l’écraser. Un Fleurie à la trame florale, tirant parfois vers la rose ou la violette, sublime particulièrement les notes vertes et l’équilibre iodé apportés par les touches marines ou les herbes.
- Fleurie : Idéal sur des quenelles végétales ou plats à base de légumes racines rôtis, par son élégance aromatique et sa discrétion tannique.
- Beaujolais-Villages en macération carbonique : À servir légèrement rafraîchi, sur des tartares végétaux ou des salades gourmandes façon traboule lyonnaise revisitée.
La macération carbonique, signature de nombreux vignerons “nature”, accentue la gourmandise et le côté glouglou, parfaits pour soutenir les créations à dominante végétale ou des assiettes aux notes acidulées.
L’accord sur les grands classiques revisités façon « gastronomie »
Face à un pâté en croûte modernisé, farci d’un mélange de volailles et de foie gras avec une pointe de pistache torréfiée, on cherche plus de structure. Un Morgon (en particulier Côte du Py), reconnu pour son potentiel de garde et sa profondeur aromatique, fera honneur à la mâche et à la richesse du plat. Le Moulin-à-Vent, le plus noble et charpenté des crus, peut rivaliser avec une recette forte en caractère : andouillette déstructurée en gelée, ris de veau poêlé ou encore une ballotine de Bresse truffée.
- Morgon Côte du Py : Recommandé sur les charcuteries raffinées ou pâtés en croûte avec une touche truffée.
- Moulin-à-Vent : Prend une dimension noble sur une volaille de Bresse revisitée, ou des abats subtilement travaillés.
- Juliénas : Bonne option sur des viandes confites ou la joue de bœuf effilochée, arrosée d’un jus corsé.
On notera que la part d’extraction des vins, leur élevage (fût, cuve, amphore…) et leur millésime vont intensifier ou adoucir les sensations en bouche. Un Moulin-à-Vent de 2015, patiné, ne racontera pas la même histoire qu’un 2022 particulièrement pimpant !